Un événement parallèle au FPHN met en lumière une action intégrée pour l'emploi décent, la protection sociale et une prospérité partagée
New York - Lors du Forum politique de haut niveau (FPHN) 2026, le PNUD et l'OIT ont codirigé un événement parallèle sur la manière de mieux concevoir les investissements dans l'eau, l'énergie, les infrastructures et les villes durables pour créer des emplois décents, étendre la protection sociale et favoriser une prospérité partagée.
Organisé le 13 juillet 2026, l'événement « La prospérité par le travail décent : relier l'eau, l'énergie, les villes et les infrastructures à un programme pour l'emploi durable et équitable » a réuni des représentants gouvernementaux de haut niveau, des partenaires sociaux, des partenaires de développement et des agences des Nations Unies pour examiner pourquoi la croissance économique continue de laisser de nombreux travailleurs de côté, et ce qui peut être fait pour y remédier.
Les échanges ont porté sur les objectifs de développement durable examinés lors du FPHN 2026, notamment l'eau propre et l'assainissement, l'énergie propre et d'un coût abordable, l'industrie et les infrastructures, les villes durables et les partenariats. Les intervenants ont souligné que ces objectifs ne sont pas seulement des priorités sectorielles, mais des fondements essentiels du travail décent, et que les investissements dans ces secteurs doivent contribuer à créer des emplois productifs, à étendre la protection sociale et à renforcer des transformations économiques inclusives. Pour y parvenir, il faut une intégration entre les secteurs, les institutions et les instruments de politique, afin de traduire ces investissements en travail décent et en autres résultats de développement : c'est précisément ce que promeut l'Accélérateur mondial pour l'emploi et la protection sociale au service de transitions justes.
Vecteur essentiel de la mise en œuvre de la Déclaration de Doha, l'Accélérateur mondial a nourri les discussions en montrant à quoi ressemble concrètement l'intégration dans différents pays pionniers. Mme Cynthia Samuel-Olonjuwon, représentante spéciale auprès des Nations Unies et directrice du Bureau de l'OIT auprès des Nations Unies, a souligné comment les gouvernements travaillent avec le système des Nations Unies, les institutions financières internationales, les partenaires sociaux et les acteurs du développement pour aligner les investissements dans l'énergie propre, les infrastructures et l'innovation sur la création d'emplois décents et l'extension de la protection sociale. « Progresser vers les ODD exige des choix politiques délibérés qui relient les investissements économiques à la promotion de l'emploi, à la protection sociale, au développement des compétences, aux principes et droits fondamentaux au travail et au dialogue social, et qui traduisent les engagements en actions », a-t-elle souligné.
Alors que 280 millions de personnes dans le monde sont prisonnières de la pauvreté au travail, M. Alexander De Croo, Administrateur du PNUD, a insisté sur l'importance de créer des emplois décents : des emplois dont le salaire permet de sortir de la pauvreté, qui offrent des conditions de travail sûres et qui sont durables, pour que les personnes restent en emploi. Résumant l'esprit des ODD et de leur examen au FPHN, il a déclaré : « rendre le développement tangible doit être notre objectif principal ».
Dans de tels programmes transversaux, le dialogue social n'est pas facultatif : c'est une condition de réussite, pour que les personnes participent activement à l'élaboration des décisions politiques au lieu d'en subir les conséquences. Mme Anne-Cécile Coly, coordinatrice de l'Union nationale des syndicats autonomes du Sénégal, représentant également la Confédération syndicale internationale, a souligné comment l'Accélérateur mondial soutient l'ambitieux programme de transformation structurelle du Sénégal, en plaçant le travail décent et la protection sociale au cœur des stratégies de développement. « La feuille de route de l'Accélérateur mondial a été élaborée avec les travailleurs et les employeurs, ce qui a permis d'orienter les politiques vers des priorités communes : la création d'emplois décents et le renforcement de la protection sociale... L'un des principaux enseignements est que le dialogue social doit être institutionnalisé et intervenir avant les grandes décisions d'investissement, et non après le début de leur mise en œuvre. »
Les jeunes sont un groupe prioritaire de l'Accélérateur mondial : ils comptent parmi les plus durablement touchés par le chômage, l'informalité et l'inadéquation des compétences, et ont beaucoup à gagner des investissements réalisés pour leur avenir. Représentant le Grand groupe des enfants et des jeunes, qui a récemment rejoint l'Accélérateur mondial, Mme Mahlet Zeleke Redi a souligné que l'entrée du groupe au sein du Groupe de pilotage de l'Accélérateur mondial est « la reconnaissance que les jeunes ne sont pas seulement des bénéficiaires du développement, mais aussi des partenaires dans l'élaboration des politiques, des investissements et de tout mécanisme qui détermine notre avenir. »
Complétant le tableau, Mme Marta Cali, conseillère principale en politiques du Fonds commun pour les ODD, a souligné que le financement, grâce à des initiatives multipartites comme l'Accélérateur mondial, est l'architecture essentielle qui jette les bases d'un changement systémique. « Il existe une architecture complexe d'alignement entre les ministères, les politiques et les partenariats, qui mobilise davantage de financements… Les subventions du Fonds sont conçues pour démultiplier des investissements plus importants, qui débouchent sur des emplois décents et une croissance économique inclusive », a-t-elle souligné. Elle a insisté sur la nécessité non seulement de créer des emplois, mais aussi de renforcer les institutions, les partenariats et les politiques nécessaires pour mobiliser des investissements plus importants, capables de produire un changement systémique.
Les intervenants du Rwanda, de l'Égypte, de l'Albanie, du Bangladesh et de la République dominicaine ont souligné que les approches intégrées du développement sont plus efficaces que les interventions sectorielles isolées, car elles relient infrastructures, protection sociale, compétences, financement, gouvernance et secteurs productifs pour produire de multiples résultats économiques, sociaux et environnementaux. Un thème commun s'est dégagé : le travail décent doit être un objectif central du développement, et les investissements doivent être conçus pour générer des emplois de qualité grâce à l'emploi productif, au développement des compétences, à la protection sociale, à la croissance des entreprises locales et à une meilleure coordination entre les institutions. Ensemble, ces expériences ont montré qu'une planification et une mise en œuvre intégrées peuvent rendre les investissements de développement plus efficients, plus inclusifs et plus résilients, tout en ouvrant la voie au travail décent et à une transformation économique durable.
Les échanges ont souligné que, dans tous les pays, la pauvreté est de plus en plus liée non seulement au chômage, mais aussi à l'informalité, à une faible productivité et à une protection sociale insuffisante. Ils ont rappelé l'importance de la coopération multilatérale et de partenariats renforcés pour que les investissements atteignent les personnes les plus exposées au risque d'être laissées pour compte, notamment les femmes, les travailleurs informels et les communautés ayant un accès limité aux services et aux opportunités économiques.
En reliant les investissements sectoriels au travail décent et à la protection sociale, l'événement a montré comment une action intégrée peut contribuer à transformer l'ambition des ODD en une prospérité durable et des opportunités équitables pour tous.
Regardez l'intégralité de l'événement ici.