Aller au contenu principal
Actualités 15 novembre 2025

Comment la transition écologique peut-elle favoriser la justice sociale et des opportunités économiques équitables ?

Women and men at a dais

Belém (Brésil) – Lors de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP30), l'Accélérateur mondial pour l'emploi et la protection sociale au service de transitions justes a mis en avant le rôle de la protection sociale et de la création d'emplois décents dans une transition juste, pour les personnes et pour la planète. La session « Transitions justes : investir dans l'humain pour réussir la transition écologique – pistes pour une coopération renouvelée » a réuni le 15 novembre, au Pavillon France, des gouvernements, des banques publiques de développement, la société civile et des organisations internationales pour explorer des leviers concrets en faveur d'une transition juste et inclusive, en plaçant le développement social et économique aux côtés de politiques ambitieuses de décarbonation.

Des représentants du ministère mexicain de l'Environnement et des Ressources naturelles et de la Banque de développement d'Afrique australe (DBSA) ont présenté leurs propres défis et opportunités dans la conception de transitions favorables aux personnes et à l'environnement. L'Agence française de développement (AFD) a souligné le rôle central des banques publiques de développement pour orienter les financements non seulement vers la réduction des émissions, mais aussi vers la création d'emplois décents, le développement des compétences et l'extension de la protection sociale. Ces éléments sont indispensables pour que les travailleurs et les communautés vulnérables puissent saisir de nouvelles opportunités à mesure que les économies s'éloignent des combustibles fossiles.

« La justice sociale n'est plus une option pour nous ; c'est une condition de réussite des projets que nous soutenons. Dans notre nouvelle feuille de route "Planète" 2025-2030, nous concilions climat, nature et développement en intégrant systématiquement les enjeux sociaux et d'inégalités », a expliqué Mme Audrey Rojkoff, responsable de la division Climat et nature de l'AFD.

Image
Woman in a panel

L'AFD et la Banque de développement du Conseil de l'Europe (CEB) codirigent la Coalition pour l'investissement social (C4SI) du Sommet Finance en commun, qui a créé en 2024 un groupe de travail sur l'« exploitation de l'impact social des financements des banques publiques de développement au service de transitions justes ».  

L'Organisation internationale du Travail (OIT) soutient ce groupe de travail et offre, à travers l'Accélérateur mondial, une plateforme permettant aux banques publiques de développement d'aligner leurs investissements et leurs projets en préparation sur les priorités nationales. Ces priorités sont définies dans les feuilles de route nationales de l'Accélérateur mondial, conçues et adoptées par les gouvernements, les travailleurs, les employeurs et les organisations de la société civile, qui alignent les efforts de transition juste sur les politiques et programmes d'emploi et de protection sociale.

« Une transition juste pour toutes et tous, la création de travail décent et la protection sociale ne sont pas seulement des bénéfices connexes : ce sont les conditions de l'ambition, tant pour l'atténuation que pour l'adaptation. Les objectifs de transition juste et de justice sociale doivent donc se situer au début du processus, et non à la fin », a déclaré M. Moustapha Kamal Gueye, directeur du Programme d'action de l'OIT sur la transition juste.

Image
Man at a panel

Lors de l'événement, le représentant de Caritas Brésil a souligné l'importance de solutions portées par les communautés, qui protègent les moyens de subsistance et garantissent un accès équitable aux ressources.  M. Lucas D'Avila, chargé de plaidoyer à Caritas Brésil, a déclaré : « Une transition juste commence par les personnes, en particulier celles qui sont en marge. En valorisant les savoirs traditionnels, en garantissant un financement accessible et en construisant une gouvernance participative, les initiatives locales peuvent catalyser des transitions plus larges avec un impact réel. Pour y parvenir, un dialogue solide entre société civile, gouvernements, organisations internationales et institutions de développement est essentiel pour relier ces efforts et pérenniser cette transformation. »

« Les plateformes nationales ont contribué à poser les bases institutionnelles, stratégiques et programmatiques d'une transition énergétique juste centrée sur les personnes. La prochaine étape consiste à passer à l'échelle dans la mise en œuvre, avec des financements abordables à long terme et un partenariat approfondi entre banques publiques de développement, travailleurs, communautés et secteur privé. Bien menée, la transition offrira un double dividende : la réduction des émissions et la construction d'une économie digne », a déclaré M. Zeph Nhleko, économiste en chef de la Banque de développement d'Afrique australe (Afrique du Sud). 

Plusieurs pays ont déjà adopté leur feuille de route de l'Accélérateur mondial, dont l'Albanie, le Bhoutan, le Cambodge, l'Indonésie, le Malawi, le Paraguay et l'Ouzbékistan, et les mesures d'atténuation et d'adaptation climatiques y jouent souvent un rôle essentiel. Aux Philippines, par exemple, la feuille de route porte sur la construction et les transports, deux secteurs fortement émetteurs, marqués par une forte informalité et une grande vulnérabilité aux effets du climat. Les réformes porteront sur la reconversion des travailleurs, l'extension de la protection sociale et l'amélioration de la sécurité et de la santé au travail.

Les intervenants ont souligné qu'aucune transition ne réussira si elle n'est pas juste, c'est-à-dire ancrée dans les droits humains et les droits du travail, le travail décent, la coordination institutionnelle et des investissements sociaux mesurables, financés et gouvernés de manière participative.