L'Ouzbékistan étudie la fourniture de soins par les coopératives et l'économie sociale et solidaire
Tachkent (Ouzbékistan) – L'Organisation internationale du Travail (OIT) a organisé à Tachkent, en collaboration avec l'Agence nationale de protection sociale, un atelier technique pour examiner les premières conclusions de l'Évaluation nationale de la fourniture de services de soins par les coopératives et les autres entités de l'économie sociale et solidaire (ESS) en Ouzbékistan.
L'atelier a réuni des représentants du ministère de l'Emploi et de la Réduction de la pauvreté, de l'Agence nationale de protection sociale et des organisations d'employeurs et de travailleurs pour examiner les possibilités de renforcer l'économie du soin grâce à des approches communautaires et d'ESS, notamment les coopératives de soins.
En ouverture des discussions techniques, Mme Simel Esim, cheffe de l'Unité des coopératives et de l'économie sociale et solidaire de l'OIT, et Rayann Koudaih, spécialiste technique de l'OIT pour le développement des coopératives et de l'ESS, ont présenté le programme mondial de l'OIT en faveur du travail décent dans l'économie du soin et le rôle des coopératives et des autres entités de l'économie sociale et solidaire dans l'élargissement de l'accès à des services de soins de qualité.
Les présentations ont mis en évidence la croissance des besoins de soins dans le monde, la persistance des inégalités de genre dans le travail de soins rémunéré et non rémunéré, et le potentiel des coopératives de soins pour créer des emplois décents, formaliser l'emploi, en particulier celui des femmes, et offrir des solutions de soins de qualité portées par les communautés. Des expériences internationales, notamment en Colombie et dans l'État de Palestine, ont montré comment les partenariats multipartites, le soutien des pouvoirs publics, l'engagement des syndicats et les approches communautaires peuvent renforcer des systèmes de soins inclusifs et durables.
L'évaluation nationale, réalisée par PRAXIS Plus dans le cadre du programme conjoint de l'Accélérateur mondial des Nations Unies « Accélérer l'emploi décent et la protection sociale pour une transition juste vers la formalité en Ouzbékistan », a mis en lumière la demande croissante de services de soins en Ouzbékistan, sous l'effet de l'évolution démographique, du vieillissement de la population et de besoins accrus en matière de garde d'enfants, de soins aux personnes âgées et d'accompagnement du handicap. Elle souligne que les femmes continuent d'assumer l'écrasante majorité des responsabilités de soins non rémunérées, ce qui limite leur participation au marché du travail et leurs perspectives économiques.
L'équipe de recherche a présenté les résultats du travail de terrain mené au moyen d'entretiens avec des informateurs clés et de groupes de discussion avec des représentants du gouvernement, des prestataires de soins, des organisations de personnes handicapées, des organisations de la société civile et des familles d'enfants handicapés. Les premières conclusions relèvent d'importantes réformes en matière de protection sociale et de soins de proximité, notamment la création de l'Agence nationale de protection sociale et l'introduction de services pilotes d'accueil de jour pour les enfants handicapés. Elles pointent aussi d'importants obstacles au développement des coopératives de soins et des entités de l'ESS : lacunes juridiques et réglementaires, infrastructures limitées, formation et normes de soins insuffisantes, dispositifs de travail indépendant fragmentés et absence de cadre juridique dédié aux entreprises sociales et aux entités de l'ESS.
L'évaluation est très pertinente pour les réformes nationales en cours dans le cadre de la feuille de route de l'Ouzbékistan pour l'Accélérateur mondial sur la création d'emplois et la protection sociale, qui comprend des mesures de formalisation du travail de soins, d'extension des services de garde d'enfants au niveau de la mahalla (communauté de quartier autogérée), de renforcement des qualifications et des normes des travailleurs du soin et de renforcement du rôle des acteurs non gouvernementaux dans la fourniture de services sociaux.
Les participants ont également évoqué de nouveaux modèles de partenariat public-privé pour la fourniture de soins, les possibilités de formaliser le travail de soins informel grâce aux approches de l'ESS, et la nécessité de financements durables, de programmes de formation et d'un appui institutionnel pour les travailleurs du soin et les bénéficiaires.
Les retours recueillis lors de l'atelier contribueront à la finalisation de l'évaluation nationale et des recommandations politiques nationales, et éclaireront de futures initiatives pilotes visant à renforcer l'économie du soin, à promouvoir le travail décent et à faire progresser l'égalité de genre en Ouzbékistan. Dans le prolongement, l'OIT organisera en Ouzbékistan une formation de formateurs à certains outils de l'OIT pour le développement des coopératives de soins, dont Think.CareCOOP et Start.CareCOOP.
L'événement s'inscrit dans les efforts plus larges de l'OIT pour promouvoir le travail décent dans l'économie du soin et soutenir des réformes inclusives de la protection sociale grâce à des approches communautaires et sensibles au genre. L'atelier technique a été organisé dans le cadre du programme conjoint de l'Accélérateur mondial des Nations Unies « Accélérer l'emploi décent et la protection sociale pour une transition juste vers la formalité en Ouzbékistan ».
Cet article a d'abord été publié sur le site web de l'OIT.