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Actualités 20 mars 2026

La protection sociale, clé de transitions inclusives en Afrique

Group photo of the event

Bruxelles (Belgique) - Combler le déficit de protection sociale et renforcer les systèmes de protection sociale est essentiel pour réduire la pauvreté et les inégalités et garantir des transitions justes, a déclaré l'Organisation internationale du Travail (OIT) lors d'un événement de haut niveau organisé par le Service public fédéral Affaires étrangères, Commerce extérieur et Coopération au développement de Belgique, Enabel, l'agence belge de coopération internationale, et la Direction générale des partenariats internationaux de la Commission européenne.

S'exprimant lors de l'événement « Créer des synergies pour exploiter tout le potentiel de la protection sociale en Afrique subsaharienne dans un monde en mutation », Valérie Schmitt, directrice adjointe du Département de la protection sociale universelle de l'OIT, a souligné que l'extension de la couverture de la protection sociale reste l'un des défis mondiaux les plus urgents.

« La protection sociale est un droit humain. Mais elle est loin d'être une réalité pour toutes et tous », a-t-elle déclaré, rappelant que 3,8 milliards de personnes dans le monde sont encore privées de toute forme de protection sociale. En Afrique, moins d'une personne sur cinq a accès à une forme de protection sociale. 

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Mme Schmitt a souligné que combler ce déficit suppose de relever trois défis liés : une couverture insuffisante, un financement insuffisant et des transformations économiques et environnementales rapides. 

Premièrement, lever les obstacles juridiques, administratifs et financiers, et adapter les systèmes aux travailleurs de l'économie informelle, est indispensable pour parvenir à une couverture universelle. En Afrique subsaharienne, l'informalité touche plus de 85 pour cent de l'emploi et continue d'exclure de nombreux travailleurs des systèmes de protection sociale. Il est essentiel de rendre la protection sociale obligatoire par la loi (plutôt que volontaire), a fait valoir Mme Schmitt. Les législations de sécurité sociale comportent de nombreux obstacles qui excluent les travailleurs domestiques, les travailleurs agricoles, les travailleurs des plateformes numériques, ceux des petites entreprises, etc.  

Deuxièmement, il faut combler le déficit de financement. Les pays africains font face à un déficit de financement de la protection sociale estimé à 17,6 pour cent du PIB par an. Mme Schmitt a souligné qu'investir dans la protection sociale produit des retombées économiques rapides et importantes : chaque dollar supplémentaire investi génère en moyenne 1,52 dollar de PIB en deux ans et demi. 

Troisièmement, la protection sociale est essentielle pour faire face aux grandes transformations mondiales, notamment le changement climatique, les évolutions démographiques et la numérisation. Sans choix politiques délibérés, ces mutations structurelles risquent d'aggraver la pauvreté et les inégalités. « Des systèmes de protection sociale solides sont une condition préalable à des transitions justes et inclusives. Ils sont essentiels pour aider les communautés à se relever des chocs, comme une sécheresse, et à s'adapter aux nouvelles réalités économiques, et ils peuvent aussi faciliter les réformes », a déclaré la directrice adjointe. 

Pour l'avenir, Mme Schmitt a relevé une dynamique internationale croissante pour accélérer la couverture, notamment l'engagement d'augmenter la couverture de la protection sociale d'au moins deux points de pourcentage par an. Plusieurs pays ont déjà atteint cet objectif, dont l'Inde, le Maroc, la Namibie, la Thaïlande, le Togo et la Zambie. 

L'OIT soutient cet effort par l'assistance technique, l'appui à des approches politiques intégrées et des partenariats stratégiques. Il s'agit notamment d'intégrer la protection sociale dans des politiques de développement plus larges — stratégies d'emploi, climatiques et d'investissement — et de s'appuyer sur des initiatives comme l'Accélérateur mondial pour l'emploi et la protection sociale au service de transitions justes. 

L'événement, organisé dans le cadre de l'initiative Team Europe sur la protection sociale, s'est conclu par l'annonce d'une nouvelle action conjointe de l'OIT, de l'Agence française de développement (AFD), de l'Agence de développement de l'Union africaine – Nouveau Partenariat pour le développement de l'Afrique (AUDA-NEPAD) et de la Commission européenne (DG INTPA). L'initiative soutiendra le renforcement des systèmes de protection sociale au service de transitions justes en Afrique subsaharienne, selon une approche nationale et régionale, en intégrant la protection sociale aux projets d'investissement de l'AFD, du Global Gateway et des pays. 

« Parvenir à une protection sociale universelle exige les efforts conjoints de toutes les parties prenantes », a conclu Mme Schmitt, appelant à une mobilisation générale pour que la protection sociale soit pleinement intégrée aux stratégies de développement et de financement.

Cette actualité a été initialement publiée sur le site web de l'OIT.