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Actualités 11 juin 2026

L'Ouzbékistan et le Cambodge organisent une réunion ministérielle sur les progrès de la protection sociale, des compétences et de l'emploi dans les pays pionniers

Women and men sitting at the dais
ILO

Genève – En marge de la 114e session de la Conférence internationale du Travail de l'OIT, l'Ouzbékistan et le Cambodge ont organisé une « réunion ministérielle de haut niveau sur l'Accélérateur mondial pour l'emploi et la protection sociale au service de transitions justes », à laquelle le Malawi et le Rwanda, également pays pionniers, ont participé pour partager leur expérience. Lors du débat animé par Mme Laura Thompson, Directrice générale adjointe de l'OIT, les ministres ont souligné l'impact concret de l'initiative dans leur pays et appelé les partenaires à continuer de la porter. Le Dispositif d'appui technique de l'Accélérateur mondial a également accueilli la Zambie en tant que 20e pays pionnier et présenté sa récente publication « Plaidoyer pour l'Accélérateur mondial pour l'emploi et la protection sociale au service de transitions justes », qui montre comment les pays utilisent l'Accélérateur mondial pour atteindre leurs objectifs de développement plus larges. L'événement a aussi réaffirmé l'engagement des pays pionniers et des partenaires en faveur de l'échange mondial d'expériences et de bonnes pratiques. 

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Women and men sitting on the dais

Le Directeur général de l'OIT, M. Gilbert F. Houngbo, a ouvert la réunion en soulignant la pertinence de l'Accélérateur mondial pour aider les pays à faire face aux multiples transitions qui façonnent aujourd'hui les marchés du travail — évolutions démographiques, transformations technologiques et changement climatique — et qui pèsent sur le développement économique. « Les pays pionniers de l'Accélérateur mondial partagent la conviction qu'il ne peut y avoir de développement économique durable ni de transition verte et numérique sans justice sociale », a-t-il souligné. Au cours du débat, les pays ont fait état de plusieurs défis communs et des réponses qu'ils y apportent. 

L'Ouzbékistan et le Malawi ont fait progresser leurs réformes politiques et législatives pour renforcer leurs systèmes de travail décent et de protection sociale. L'Accélérateur mondial s'inscrit dans la stratégie 2030 de l'Ouzbékistan, axée sur la création d'emplois, la réduction de la pauvreté, le développement du capital humain et le renforcement du système de protection sociale. La loi sur l'assurance sociale récemment adoptée étendra les prestations de maternité et de maladie à 5,8 millions de personnes supplémentaires, et un Fonds d'assurance sociale nouvellement créé garantira la viabilité du système. « Nous continuerons d'étendre la couverture de la protection sociale, de créer des emplois durables et productifs et de renforcer les capacités institutionnelles, notamment grâce à la numérisation », a déclaré M. Botir Zakhidov, ministre de l'Emploi et de la Réduction de la pauvreté de l'Ouzbékistan, à propos de la suite de l'engagement du pays dans l'Accélérateur mondial.

Le Malawi a élaboré un nouveau projet de loi sur l'indemnisation des travailleurs qui, une fois adopté, étendra la protection légale à plus de 4,2 millions de travailleurs. Parallèlement, le pays œuvre à la création d'emplois décents en développant des programmes d'EFTP dans l'horticulture et la production laitière, en commercialisant l'agriculture, en certifiant les compétences grâce à la reconnaissance des acquis, et en offrant à plus de 1 000 femmes un appui en éducation financière et en développement d'entreprise, afin de renforcer le marché du travail. « L'Accélérateur mondial a aidé le Malawi à dépasser les silos politiques traditionnels en reliant l'emploi, le développement des compétences, les secteurs productifs et la protection sociale dans un cadre cohérent, appuyé par des mécanismes de coordination nationaux », a indiqué M. Kelvin H. Nyangulu, commissaire au travail du Malawi. 

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Women and men sitting at the dais
ILO

Le développement des compétences, en particulier dans les domaines verts, numériques et de l'intelligence artificielle (IA), est une priorité commune. Le Cambodge accélère un programme d'EFTP destiné à 1,5 million de jeunes issus de ménages pauvres et vulnérables, qui leur offre une formation gratuite et des allocations pour couvrir leurs frais de subsistance pendant la formation. Soulignant l'importance de moderniser les systèmes d'information sur le marché du travail et de préparer les travailleurs aux opportunités et aux défis du numérique et de l'IA, M. Heng Sour, ministre du Travail et de la Formation professionnelle du Cambodge, a expliqué comment l'Accélérateur mondial contribue aux objectifs de développement durable (ODD) : « Les domaines d'action de l'Accélérateur mondial sont étroitement liés à certains des objectifs de développement durable les plus importants, notamment le travail décent, l'élimination de la pauvreté, l'égalité de genre et l'action climatique. Faire avancer ce programme est essentiel pour accélérer les progrès vers le Programme 2030. »

Un thème récurrent des échanges a été l'importance de la formalisation comme voie vers le travail décent, la protection sociale et la croissance de la productivité. La deuxième stratégie nationale de transformation du Rwanda vise la création de 1,25 million d'emplois décents et productifs d'ici 2029. Pour y contribuer, la feuille de route nationale du Rwanda pour l'Accélérateur mondial fait de la formalisation une priorité dans l'agro-industrie, l'industrie manufacturière, les industries créatives et l'économie numérique. « En définitive, la réussite ne se mesure pas seulement au nombre d'emplois créés, mais à la capacité des personnes à participer à la croissance dans la sécurité, la dignité et avec des perspectives. C'est la promesse de l'Accélérateur mondial, et le Rwanda reste pleinement engagé à la concrétiser », a déclaré Mme Christine Nkulikiyinka, ministre de la Fonction publique et du Travail du Rwanda. 

Tous les intervenants ont souligné l'importance d'une transition verte juste. 

Dans la plupart des économies en développement, les micro, petites et moyennes entreprises (MPME) créent la majorité des emplois. Elles sont aussi parmi les plus touchées par le changement climatique, 40 pour cent de la main-d'œuvre occupant des emplois exposés aux risques climatiques. Les employeurs jouent un rôle crucial pour anticiper les besoins futurs en compétences, en identifiant tôt les besoins de la main-d'œuvre et en soutenant la reconversion. Une transition juste n'est pas seulement verte : elle donne aussi la priorité au dialogue social, afin que les transitions soient plus prévisibles, inclusives et efficaces, pour les entreprises comme pour les travailleurs. « L'Accélérateur mondial n'est pas une question périphérique, il est au cœur de ce que font les entreprises : créer des emplois, préserver les moyens de subsistance et générer des opportunités économiques », a déclaré M. Farooq Ahmed, secrétaire général de la Fédération des employeurs du Bangladesh.

En intégrant les partenaires sociaux à sa structure et à ses mécanismes de gouvernance, l'Accélérateur mondial a contribué à donner aux travailleurs une voix et une représentation égales dans les processus qui décident de l'avenir du travail. Le rôle de chef de file de l'OIT dans l'initiative permet de garder le dialogue social au centre, même avec des acteurs moins familiers du tripartisme, a souligné M. Mahongora Kavihuha, secrétaire général du Congrès des syndicats de Namibie (TUCNA).

La réunion s'est conclue par la présentation de la dernière publication de l'Accélérateur mondial, « Plaidoyer pour l'Accélérateur mondial pour l'emploi et la protection sociale au service de transitions justes », par Mme Valérie Schmitt, directrice adjointe du Département de la protection sociale universelle de l'OIT. La publication montre comment les pays pionniers utilisent le cadre de l'Accélérateur mondial pour concrétiser leurs ambitions, et présente aussi des exemples de systèmes de pays non pionniers dont les pays pionniers peuvent s'inspirer. Les pays pionniers continuent d'élaborer et de mettre en œuvre leurs priorités nationales en matière de création d'emplois et d'extension de la protection sociale avec l'appui de 47 programmes conjoints des Nations Unies et ONU-Banque mondiale, et 10 autres programmes sont en préparation. Ils peuvent également solliciter directement une assistance technique supplémentaire auprès du Pôle d'expertise.