Le système des Nations Unies appelle à agir au niveau des pays, par des initiatives comme l'Accélérateur mondial, pour tenir les engagements de Doha
Genève - Le Bureau de la coordination des activités de développement des Nations Unies, en collaboration avec le Département des affaires économiques et sociales (DAES), a appelé à accélérer l'action au niveau des pays pour traduire la Déclaration politique de Doha du deuxième Sommet mondial pour le développement social en politiques, financements et programmes qui éliminent la pauvreté, garantissent le plein emploi productif et un travail décent pour toutes et tous, et renforcent l'intégration sociale. Les coordonnateurs résidents et les équipes de pays des Nations Unies sont appelés à jouer un rôle clé dans la mise en œuvre des engagements de Doha, notamment par des conseils politiques intégrés et des programmes conjoints à fort impact mobilisant toutes les capacités du système des Nations Unies.
Ce message a été délivré lors du webinaire mondial « Traduire les engagements de Doha en actions au niveau des pays », organisé le 31 mars 2026 par le Bureau de la coordination des activités de développement en collaboration avec le DAES. La discussion a réuni des intervenants de tout le système des Nations Unies pour examiner comment intégrer les engagements du Sommet dans les plans nationaux de développement et les efforts visant à accélérer les progrès vers les objectifs de développement durable.
Les intervenants ont relevé que la Déclaration politique de Doha a réaffirmé les engagements mondiaux en faveur de l'élimination de la pauvreté, du travail décent, de la protection sociale universelle et de l'inclusion sociale, dans un contexte de creusement des inégalités, d'évolution démographique, d'insécurité sur le marché du travail, de bouleversements technologiques et de pressions climatiques. Elle a aussi établi un cadre de suivi renforcé, avec notamment un cycle d'examen quinquennal à l'Assemblée générale à partir de 2031, a souligné M. Charles Katoanga, directeur de la Division du développement social inclusif (DAES).
Mme Valérie Schmitt, directrice adjointe du Département de la protection sociale universelle de l'OIT, a souligné le rôle de l'Accélérateur mondial en tant que mécanisme concret de mise en œuvre de la Déclaration de Doha, puisqu'il soutient les trois piliers du développement social. Il contribue au plein emploi productif par la formalisation des emplois et des entreprises et à l'augmentation de la couverture de la protection sociale de 2 points de pourcentage, ce qui contribue à élargir l'assiette fiscale et l'assiette des cotisations de sécurité sociale.
« L'Accélérateur mondial permet de passer à l'échelle un appui des Nations Unies souvent fragmenté dans un pays, en travaillant sur quelques points d'accélération communs auxquels plusieurs agences peuvent contribuer. En unissant leurs forces, les Nations Unies peuvent offrir un appui plus stratégique, avec un impact bien plus grand en matière d'emploi, de protection sociale et d'effet de levier financier », a-t-elle déclaré.
L'inclusion sociale est inscrite dans la conception même de l'Accélérateur : en associant les organisations de la société civile et les partenaires sociaux à l'élaboration et à la mise en œuvre de la feuille de route nationale par un dialogue social effectif, les conseils et réformes proposés produisent des résultats durables, grâce à une large adhésion des parties prenantes.
Les coordonnateurs résidents jouent un rôle essentiel pour identifier les points de convergence entre les priorités et plans nationaux, les cadres de coopération et les engagements de Doha, et peuvent s'appuyer sur la Déclaration pour orienter la conception des programmes, les choix politiques et les décisions d'investissement.
« Le Sommet a envoyé un message clair : le développement social et la dimension sociale du développement durable doivent devenir prioritaires dans le système multilatéral… et bénéficier de financements plus prévisibles », a déclaré M. Charles Katonga, directeur de la Division du développement social inclusif (DAES), à propos des principaux résultats du Sommet.
M. George Gray Molina, économiste en chef au Bureau des politiques et de l'appui aux programmes du PNUD, a souligné la nécessité de relier protection sociale, mesures du marché du travail et planification du développement à long terme, en particulier dans les pays confrontés à une vulnérabilité persistante.
Le financement, l'un des trois piliers de l'Accélérateur mondial, a aussi occupé une place importante dans les échanges. La mise en œuvre des réformes de l'Accélérateur mondial au moyen des programmes conjoints des Nations Unies et ONU-Banque mondiale est financée par le Fonds commun pour les ODD*. Mme Lisa Kurbiel, cheffe du secrétariat du Fonds commun pour les ODD, a indiqué que le Fonds a mobilisé près de 400 millions de dollars des États-Unis et obtenu un effet de levier de 1 pour 20 pour chaque dollar investi. S'appuyant sur des exemples de pays pionniers comme l'Indonésie et d'autres pays comme le Zimbabwe, elle a souligné le rôle des financements innovants, des partenariats et des instruments des marchés de capitaux pour faire progresser l'emploi, la protection sociale et une croissance inclusive.
« Le rôle des Nations Unies est celui d'un architecte. Nous sommes des experts du développement dotés, à travers le coordonnateur résident, d'un pouvoir de rassemblement qui réunit des partenaires tous mobilisés pour l'impact, créant une occasion de premier ordre d'accueillir des investissements en capital », a-t-elle souligné.
Les coordonnateurs résidents de l'Albanie, du Botswana et du Cabo Verde ont partagé l'expérience de leur pays, faisant état d'une plus forte appropriation par les gouvernements, de feuilles de route de réforme plus cohérentes et d'une meilleure coordination interministérielle. Ils ont aussi appelé à un accès plus rapide à une expertise mobilisable et à des solutions de financement innovantes pour maintenir la dynamique.
« L'Accélérateur mondial place les gouvernements aux commandes », a déclaré Mme Ingrid Macdonald, coordonnatrice résidente des Nations Unies en Albanie. Elle a souligné que, grâce à l'Accélérateur mondial, les coordonnateurs résidents peuvent fédérer des agences souvent en concurrence sur un même mandat, consolider les plateformes politiques et programmatiques au service des partenariats et du financement, et faire levier pour des réformes plus ambitieuses. Avec l'action conjointe du PNUD, de l'UNICEF et de l'OIT, des formations sectorielles et professionnelles sont proposées aux femmes et aux jeunes, accompagnées d'une aide au placement, conformément aux priorités de la feuille de route de l'Albanie.
Au Botswana, l'OIT, le PNUD, l'UNICEF et la Banque mondiale soutiennent la mise en œuvre d'un projet du M-GA sur le thème du changement climatique. Mme Wenyan Yang, coordonnatrice résidente des Nations Unies au Botswana, a indiqué que le pays intègre les résultats du Sommet à son cadre de coopération, mobilise les ressources du Fonds commun pour les ODD pour un programme de protection sociale multi-agences et recherche d'autres mécanismes pour amplifier l'impact.
Enfin, la coordonnatrice résidente des Nations Unies au Cabo Verde, Mme Patricia Portela de Souza, a souligné l'intérêt de l'expertise et des efforts conjoints des Nations Unies, au siège comme dans le pays, qui ont contribué à façonner la feuille de route nationale de l'Accélérateur mondial. « (L'expérience de l'Accélérateur mondial) est vraiment un exemple de la manière dont nous pouvons accompagner le pays dans la transformation systémique qu'il souhaite », a-t-elle conclu. Le Cabo Verde a récemment lancé sa feuille de route nationale pour l'Accélérateur mondial, centrée sur l'élimination de la pauvreté.
Le webinaire s'est conclu sur un message commun souligné par Mme Helena Fraser, directrice des politiques et de la programmation du Bureau de la coordination des activités de développement : la crédibilité des engagements de Doha se jouera dans ce qui se passera désormais au niveau des pays. Pour le système des Nations Unies pour le développement, il s'agit d'aider les pays à traduire l'ambition politique en réformes qui améliorent les conditions de vie.
*Le Fonds commun pour les ODD a approuvé, dans le cadre de l'Accélérateur mondial, 47 projets conjoints des Nations Unies et ONU-Banque mondiale dans 30 pays, pilotés par les coordonnateurs résidents et mis en œuvre par 9 entités des Nations Unies.