De l'ambition à l'action : des perspectives pour chaque Namibien
Windhoek (Namibie) - Il est rare que le Secrétaire du Cabinet réunisse les directeurs exécutifs de l'ensemble des ministères et toute l'équipe de pays des Nations Unies autour d'un seul enjeu national de développement. C'est pourtant ce qui s'est produit à Windhoek, où la Namibie a marqué un tournant dans sa manière d'accélérer la création d'emplois et de renforcer la protection sociale grâce à l'Accélérateur mondial pour l'emploi et la protection sociale au service de transitions justes, une plateforme qui rassemble institutions publiques, partenaires de développement, organisations de travailleurs et d'employeurs, secteur privé et société civile autour d'un programme de mise en œuvre commun.
Plutôt que de traiter l'emploi, le développement des compétences, l'industrialisation, l'éducation, la transformation numérique et la protection sociale comme des politiques distinctes, le dialogue a reconnu que ces priorités sont liées et exigent une action coordonnée de l'ensemble des pouvoirs publics et de la société. Organisée sous la direction de Mme Emilia Mkusa, Secrétaire du Cabinet et ambassadrice, la rencontre a réuni les directeurs exécutifs de l'ensemble de l'administration et toute l'équipe de pays des Nations Unies pour examiner comment l'Accélérateur mondial peut soutenir la mise en œuvre du sixième Plan national de développement de la Namibie. Plus qu'une réunion de coordination, elle a marqué une évolution stratégique : faire de la création d'emplois et de la protection sociale des priorités nationales partagées, qui exigent un leadership collectif, une planification intégrée et des investissements coordonnés entre les secteurs.
Une nouvelle manière de mettre en œuvre le développement
La Namibie entame la mise en œuvre de son sixième Plan national de développement à un moment charnière. Le gouvernement s'est engagé à créer 500 000 emplois, à accélérer la transformation économique, à renforcer la résilience, à développer l'éducation et les compétences, et à veiller à ne laisser personne de côté.
L'urgence est évidente. Le taux de chômage au sens large atteint 36,9 % en Namibie, et le chômage des jeunes reste de 44,4 % chez les 15-35 ans. Plus de la moitié des jeunes chômeurs ont entre 15 et 24 ans, ce qui souligne la nécessité d'une action coordonnée reliant l'éducation, le développement des compétences, l'investissement et la création d'emplois.
Les participants ont reconnu qu'aucune institution ne peut créer des emplois à elle seule. L'éducation doit doter les jeunes de compétences adaptées. La politique industrielle doit attirer les investissements et créer des emplois productifs. La transformation numérique doit améliorer la productivité et la prestation des services. La protection sociale doit offrir la sécurité qui permet à chacun de participer pleinement à la vie économique. La réussite dépend donc d'institutions qui travaillent ensemble plutôt que de poursuivre des mandats séparés.
La Secrétaire du Cabinet appelle à une action nationale commune
Mme Emilia Mkusa a souligné que les citoyens jugent le développement à ses résultats, et non à l'organisation des institutions. Elle a insisté sur le fait que la création d'emplois, les moyens de subsistance et la résilience ne peuvent être assurés par une institution agissant seule, et a appelé à un meilleur alignement entre ministères, autorités régionales, partenaires de développement, secteur privé, organisations de travailleurs, milieu universitaire et société civile.
« Nos citoyens ne se préoccupent pas des frontières institutionnelles ; ils se préoccupent des résultats. Ils veulent voir des emplois décents, des perspectives pour les jeunes, de meilleurs dispositifs de soutien pour les ménages vulnérables et des améliorations visibles dans leur vie quotidienne », a-t-elle observé.
Le dialogue a reflété une évolution importante de l'approche du développement en Namibie : passer d'une coordination des institutions autour de programmes individuels à une coordination autour de résultats nationaux mesurables. L'accent n'est plus seulement mis sur la collaboration, mais sur la garantie que les politiques, les investissements et les institutions apportent ensemble des améliorations concrètes dans la vie des gens.
L'Accélérateur mondial
L'Accélérateur mondial offre un mécanisme concret pour aligner le leadership des pouvoirs publics, le financement du développement, l'expertise technique et les partenariats sur des priorités définies au niveau national. Il encourage les institutions chargées du travail, de l'éducation, de l'industrialisation, de la planification économique, de la promotion des investissements, de la transformation numérique et de la protection sociale à travailler ensemble autour d'un programme de mise en œuvre commun. En renforçant la cohérence des politiques et en favorisant une planification intégrée, il aide à traduire les priorités nationales en actions coordonnées et soutient la mise en œuvre du sixième Plan national de développement.
Un programme national, une réponse unie des Nations Unies
Dans le cadre du Plan-cadre de coopération des Nations Unies pour le développement durable 2025-2029, quatorze entités résidentes des Nations Unies, ainsi que des agences non résidentes, mettent leurs avantages comparatifs au service des priorités du gouvernement. Plutôt que de mettre en œuvre des programmes isolés, les Nations Unies agissent comme un seul système, en associant expertise, conseils stratégiques, assistance technique et partenariats pour soutenir la mise en œuvre du sixième Plan national de développement.
De la coordination à la mise en œuvre
Les participants ont mis en avant les efforts en cours pour renforcer l'enseignement et la formation techniques et professionnels, développer l'apprentissage en milieu de travail, soutenir l'entrepreneuriat, accélérer l'industrialisation verte et préparer la main-d'œuvre aux secteurs émergents tels que les énergies renouvelables et l'hydrogène vert. Les projets ayant atteint la décision finale d'investissement représentent plus de 32,2 milliards de dollars namibiens d'investissements et devraient créer environ 15 000 emplois, tandis que le portefeuille d'investissements plus large de la Namibie dépasse 174,9 milliards de dollars namibiens. Les échanges ont également réaffirmé l'importance de renforcer le système de protection sociale namibien et de veiller à ce que la transformation économique profite à tous les citoyens.
Transformer l'ambition en résultats
Le dialogue a montré une volonté croissante de traiter la création d'emplois et la protection sociale comme des priorités nationales partagées plutôt que comme des responsabilités sectorielles isolées. Alors que la Namibie accélère la mise en œuvre de son sixième Plan national de développement, l'Accélérateur mondial offre une plateforme concrète pour traduire l'ambition en action coordonnée.
La réussite ne se mesurera pas au nombre de réunions tenues ou de stratégies élaborées, mais à la question de savoir si davantage de Namibiens accèdent à un travail décent, si les entreprises se développent, si les communautés deviennent plus résilientes et si le développement apporte des améliorations concrètes dans la vie quotidienne. En associant le leadership national à l'expertise internationale et en se concentrant sur des résultats mesurables, le gouvernement et les Nations Unies contribuent à transformer l'ambition en action pour chaque Namibien.