Des compétences informelles à la reconnaissance nationale : la reconnaissance des acquis change des vies au Malawi
Lilongwe (Malawi) - Le Gouvernement du Malawi, par l'intermédiaire du ministère du Travail, des Compétences et de l'Innovation, a lancé en 2021 l'initiative de reconnaissance des acquis de l'expérience (RAE) afin de reconnaître officiellement les compétences acquises par des voies d'apprentissage informelles et non formelles. L'initiative vise à promouvoir l'inclusion, l'équité et l'accès à la certification pour les travailleurs qui possèdent des compétences pratiques mais pas de qualification formelle. Au Malawi, plus de 80 pour cent des travailleurs acquièrent leurs compétences de manière informelle — apprentissage, expérience sur le tas, années de pratique —, mais moins de 5 pour cent détiennent une qualification formelle d'EFTP, ce qui les exclut du marché du travail formel.
Avec l'appui de l'Accélérateur mondial, le ministère renforce sa capacité à étendre la RAE à l'échelle nationale. Une réalisation clé a été la formation de 35 évaluateurs RAE supplémentaires du 19 au 24 avril 2026, portant à 105 le nombre total d'évaluateurs soutenus par l'initiative. Cette extension devrait améliorer l'accès à l'évaluation et à la certification des compétences, en particulier pour les travailleurs des chaînes de valeur agricoles et de l'économie informelle.
En ouvrant l'atelier, la secrétaire principale au Travail, Nwazi Mnthambala, a souligné l'importance de faire comprendre et adopter la RAE par tous les secteurs, y compris les employeurs, les organisations de travailleurs, les établissements d'EFTP et les communautés. Elle a rappelé que de nombreux Malawiens possèdent de précieuses compétences acquises de manière informelle, et que la RAE offre l'occasion de les reconnaître officiellement pour améliorer l'employabilité et la productivité.
Malgré les progrès accomplis, la RAE reste peu connue et peu utilisée. En 2025, seuls 239 artisans avaient été certifiés dans ce cadre. Selon M. Joseph Chirombo, directeur de l'évaluation et de la certification au ministère, « le problème n'est pas l'absence de compétences, mais le manque de reconnaissance. Ce déficit n'existe pas parce que les compétences font défaut, mais parce qu'elles restent invisibles pour l'économie formelle. »
Pendant la formation, le Département des services d'évaluation et de certification (DACS) a piloté l'élaboration d'une stratégie de communication sur la RAE visant à mieux la faire connaître, à renforcer la coordination des parties prenantes et à favoriser l'adhésion au système. L'atelier a aussi appuyé l'élaboration d'outils d'évaluation RAE en horticulture alimentaire, en mécanique de réfrigération et de climatisation, et en fabrication et soudage.
L'atelier a réuni des représentants du ministère du Travail, du ministère des Technologies de l'information et de la communication, de l'Autorité de l'enseignement et de la formation techniques, entrepreneuriaux et professionnels (TEVETA), du Congrès des syndicats du Malawi (MCTU), de l'Association consultative des employeurs du Malawi (ECAM), d'établissements de formation technique, de l'Autorité routière et du secteur privé. Cette large participation témoigne d'un engagement national croissant en faveur du renforcement de l'écosystème de reconnaissance des compétences du Malawi par la collaboration et le dialogue social.
Les participants ont également recensé les points à améliorer ; les équipes techniques ont été chargées d'intégrer les retours des parties prenantes et de finaliser les outils pour les soumettre au DACS. Les parties prenantes ont aussi convenu de créer une équipe de rédaction pour finaliser la stratégie de communication, de soumettre les documents finalisés à la direction du ministère et d'organiser une réunion nationale de validation avec les principaux acteurs.
Les évaluations RAE sont actuellement menées dans 12 métiers, et les 22 métiers de l'EFTP devraient être prêts d'ici la mi-2027. À mesure que le Malawi étend l'initiative, celle-ci recèle un immense potentiel pour libérer le capital humain, renforcer la compétitivité du marché du travail et faire en sorte que les compétences soient reconnues, valorisées et récompensées.