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Actualités 30 octobre 2025

L'Accélérateur mondial aide la Namibie à transformer la croissance en emplois

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Women and men at a dais

Namibie - L'Association économique de Namibie (EAN), en partenariat avec la Fondation Hanns Seidel, a organisé le 29 octobre 2025 un dialogue politique sur le thème « L'énigme de la croissance sans emplois : la Namibie peut-elle ouvrir la voie à une prospérité inclusive ? ». Ce dialogue a réuni de hauts responsables gouvernementaux, des représentants des organisations d'entreprises et de travailleurs, des économistes et des étudiants pour examiner comment la Namibie peut passer d'une croissance sans emplois à une croissance riche en emplois. Dans le cadre de l'Accélérateur mondial pour l'emploi et la protection sociale au service de transitions justes, l'OIT a contribué aux débats en apportant des conseils techniques et politiques tirés de son expérience régionale et mondiale des approches intégrées de promotion de l'emploi.

Dans son discours d'ouverture, M. Michael Humavindu, directeur exécutif au ministère des Finances, a présenté les projets ambitieux de la Namibie pour réorienter sa trajectoire de croissance vers la création d'emplois. Il a souligné que si la croissance économique a été régulière, elle n'a pas été suffisamment inclusive pour absorber une main-d'œuvre croissante. « Notre objectif est de passer d'une croissance sans emplois à une croissance qui crée du travail décent et une prospérité durable pour les Namibiens », a-t-il déclaré. M. Humavindu a mis en avant les efforts du gouvernement pour renforcer la valeur ajoutée, la productivité industrielle et l'investissement dans des secteurs émergents comme les énergies renouvelables, l'agriculture et le tourisme afin de stimuler une croissance riche en emplois.

Malgré les chocs et les fluctuations des trois dernières décennies, l'économie namibienne a progressé en moyenne de 3 à 5 pour cent par an, portée principalement par les mines et les services. La crise de l'emploi a pourtant persisté malgré l'expansion de l'économie. Le marché du travail reste marqué par une faible productivité et l'informalité, tandis que la plupart des nouveaux emplois se concentrent dans des secteurs offrant de bas salaires et peu de sécurité. 

M. Jealous Chirove, spécialiste de l'emploi de l'OIT pour l'Afrique de l'Est et australe, a salué l'Association économique de Namibie pour ce dialogue opportun et tourné vers l'avenir, et a évoqué certaines des raisons pour lesquelles la Namibie peine à créer suffisamment d'emplois. S'appuyant sur l'évaluation de la deuxième politique nationale de l'emploi, la présentation de l'OIT a souligné la forte intensité capitalistique des principales industries namibiennes, comme les mines, le pétrole et le gaz, qui contribuent fortement au PIB mais emploient relativement peu de personnes. La faiblesse des liens entre ces industries et les chaînes d'approvisionnement locales, conjuguée à un soutien limité aux petites et moyennes entreprises, a restreint les retombées en matière d'emploi. En outre, le recours limité à une budgétisation favorable à l'emploi et l'insuffisance des mécanismes de coordination ont empêché l'intégration complète des objectifs de la politique de l'emploi dans les cycles de planification et de budgétisation du gouvernement.

M. Chirove a également relevé que le défi de la Namibie ne tient pas nécessairement à l'absence de cadres politiques solides, mais à la mise en œuvre et à la coordination, assorties de mécanismes de redevabilité solides. Il a aussi appelé à institutionnaliser les études d'impact sur l'emploi (EMPIA) pour mesurer le potentiel de création d'emplois des différents secteurs et faire en sorte que les futures politiques de croissance soient délibérément favorables à l'emploi.

Le dialogue a contribué à l'appui politique en cours dans le cadre de l' Accélérateur mondial pour l'emploi et la protection sociale au service de transitions justes, par lequel les Nations Unies soutiennent l'ambition de la Namibie de bâtir une économie plus inclusive et riche en emplois, qui offre un travail décent et une prospérité partagée à toutes et tous ; cet appui est fourni dans le cadre d'une collaboration entre l'OIT, la FAO et le PNUD.