La Namibie lance un diagnostic de l'économie informelle et un projet de cadre politique pour faciliter la transition vers la formalité
WINDHOEK (Namibie) – Une nouvelle étude diagnostique évalue l'économie informelle namibienne à 13 milliards de dollars des États-Unis (PPA) en 2025, soit 26,5 pour cent du PIB et 58 pour cent de la main-d'œuvre nationale. Elle révèle que la plupart des travailleurs informels namibiens n'ont ni protection sociale, ni accès au financement, ni conditions de travail sûres, la couverture de protection sociale n'atteignant que 0,69 pour cent.
Ce diagnostic complet de l'économie informelle, accompagné d'un projet de cadre politique et d'une feuille de route pour faciliter la transition de l'économie informelle vers l'économie formelle, a été lancé par la Namibie le 11 novembre 2025 dans le cadre de l'Accélérateur mondial. Ce lancement marque une étape importante dans le renforcement des réponses politiques nationales pour l'un des plus grands segments de l'économie du pays. L'aboutissement de ces travaux, engagés en 2023, fournit une base de données probantes pour renforcer les politiques et les institutions qui soutiennent les travailleurs et les entreprises de l'économie informelle.
L'analyse et l'élaboration du cadre politique ont été conduites conjointement par la Banque de Namibie, le ministère de l'Industrie, des Mines et de l'Énergie et le ministère de la Justice et des Relations de travail, en collaboration avec plusieurs services, ministères et agences publics. Les Nations Unies en Namibie, par l'intermédiaire du Bureau du coordonnateur résident, de l'OIT, du PNUD et d'ONU-Habitat, ont apporté un appui financier et technique dans le cadre des travaux de l'Accélérateur mondial pour l'emploi, la protection sociale et des transitions justes. Les représentants des travailleurs, les organisations d'employeurs et les associations de l'économie informelle ont contribué tout au long du processus.
Lors du lancement, placé sous le thème « Des données à l'action pour une économie inclusive », M. Michael Humavindu, directeur exécutif du ministère des Finances, a déclaré : « Ce secteur n'est pas une économie parallèle ; c'est un pilier de notre vie nationale », ajoutant : « La Namibie ne peut pas progresser vers une prospérité partagée tant que la moitié de sa main-d'œuvre oscille chaque jour entre survie et exclusion. » Mme Hopolang Phororo, coordonnatrice résidente des Nations Unies en Namibie, a souligné l'importance de passer résolument de l'analyse à l'action : « Engageons-nous non seulement à analyser, mais à agir. Bâtissons une Namibie où chaque emploi a de la valeur, où chaque travailleur a des droits et où personne n'est laissé de côté. » Elle a insisté sur le fait que la mise en œuvre déterminera le succès des réformes : « Alors que nous entreprenons ensemble de mettre en œuvre les recommandations de ce diagnostic, que le courage, la clarté et l'audace nous guident vers une action coordonnée et la mise en commun des ressources. »
Trois documents ont été présentés. Le premier est un rapport de synthèse sur les tendances nationales, les contributions économiques et les conditions structurelles qui façonnent l'informalité. Le deuxième est une analyse sectorielle qui évalue en détail l'informalité dans l'agriculture, la pêche et la sylviculture, ainsi que dans l'hébergement et la restauration ; il en identifie les causes, les vulnérabilités et les freins à la productivité, et propose des interventions ciblées pour améliorer les moyens de subsistance et accompagner une transition progressive vers la formalité. Le troisième est le projet de cadre politique et de feuille de route, qui définit une stratégie intégrée de formalisation pour 2026-2035, fondée sur huit objectifs stratégiques allant de la réduction des déficits de travail décent et du renforcement de la protection sociale à l'amélioration de la coordination institutionnelle et à la promotion d'une numérisation inclusive.
Le gouvernement et les Nations Unies, à travers l'Accélérateur mondial pour l'emploi, la protection sociale et une transition juste, vont désormais passer à la mise en œuvre du plan d'action défini dans la feuille de route et le projet de cadre politique, afin que les réformes se traduisent par une meilleure protection, des opportunités économiques élargies et des moyens de subsistance plus résilients.