La Namibie progresse sur les études d'impact sur l'emploi grâce à des formations et des consultations avec les partenaires sociaux
Windhoek (Namibie) - Le Gouvernement de la République de Namibie a franchi une étape décisive vers son objectif national de création de 500 000 emplois au cours des cinq prochaines années, en s'engageant à utiliser les études d'impact sur l'emploi (EmpIA) comme outil clé de politique publique.
Dans le cadre de l'Accélérateur mondial des Nations Unies pour l'emploi et la protection sociale au service de transitions justes, le ministère de la Justice et des Relations de travail et l'Organisation internationale du Travail (OIT) ont réuni le 31 octobre 2025 des responsables gouvernementaux, les partenaires sociaux et des agences de développement pour examiner comment institutionnaliser les études d'impact sur l'emploi dans l'architecture politique et budgétaire de la Namibie. Cet événement de haut niveau a fait suite à une semaine de formation technique intensive (28-30 octobre 2025) destinée aux agents publics et aux partenaires sociaux, consacrée à l'utilisation de l'analyse d'impact sur l'emploi pour évaluer la contribution des politiques, des investissements et projets publics et des interventions sectorielles à la création d'emplois et à une croissance inclusive.
Lors de l'événement, la coordonnatrice résidente des Nations Unies, Mme Hopolang Phororo, a souligné l'importance d'intégrer les considérations d'emploi dans tous les aspects de la prise de décision publique. Saluant le rôle moteur de la Namibie, l'un des premiers pays pionniers de l'initiative, elle a déclaré qu'« institutionnaliser les études d'impact sur l'emploi garantira que chaque décision politique et d'investissement compte pour l'emploi ».
Dans son discours d'ouverture, M. Fillemon Wise Immanuel, ministre de la Justice et des Relations de travail, est revenu sur l'importance de cet exercice pour l'avenir du développement de la Namibie. Il a défini l'étude d'impact sur l'emploi comme « un exercice structuré et analytique qui nous aide à évaluer l'influence des politiques, des programmes, des projets et des lois sur l'emploi ». Il a ajouté que cet outil « favorise une prise de décision fondée sur des données probantes, en nous permettant d'évaluer les effets positifs comme négatifs de nos choix sur la création d'emplois ».
L'emploi est une question transversale qui exige une collaboration coordonnée et intégrée entre les gouvernements, le secteur privé, le milieu universitaire et les partenaires sociaux. L'étude d'impact sur l'emploi est un outil précieux pour évaluer la contribution des politiques, des interventions sectorielles, des investissements publics et des projets à la création d'emplois et à une croissance inclusive. Il est donc essentiel de l'intégrer dans les plans de développement nationaux et sectoriels ainsi que dans les cadres d'évaluation de la performance, afin que les initiatives de développement contribuent effectivement à la création d'emplois utiles. Cette intégration facilitera l'alignement des politiques et des investissements en matière d'emploi sur les objectifs fixés.
La formation technique qui a précédé, destinée à renforcer la capacité des agents publics et des partenaires sociaux à réaliser des études d'impact sur l'emploi, a permis de définir les dispositions institutionnelles et opérationnelles nécessaires pour ancrer cet outil dans les processus d'élaboration des politiques de la Namibie.
Les participants ont souligné l'importance de l'inclusion, en veillant à la représentation des jeunes et des femmes dans les formations et les travaux de recherche. Ils ont en outre insisté sur la valorisation de l'expertise locale, par l'intermédiaire des établissements d'enseignement supérieur et des organismes de recherche, pour réduire la dépendance aux consultants extérieurs et favoriser un renforcement durable des capacités en Namibie. Dans la phase suivante, une note d'orientation sera rédigée à partir des discussions de groupe de la formation, et des consultations bilatérales seront organisées pour faire avancer l'initiative.
La formation a abouti à deux conclusions principales : i) la création, au sein du ministère de la Justice et des Relations de travail et/ou de la Commission nationale de planification, d'une cellule ou équipe dédiée aux études d'impact sur l'emploi, qui servirait de point focal central pour la coordination et l'expertise technique et faciliterait la formation d'autres institutions si nécessaire ; ii) une collaboration avec l'Institut namibien d'administration et de gestion publiques (NIPAM) pour concevoir des programmes de formation spécialisés et des cours de courte durée afin de renforcer les connaissances institutionnelles sur ces études.
Cette initiative a été mise en œuvre avec le soutien financier du Gouvernement de la République de Corée, par l'intermédiaire du ministère de l'Emploi et du Travail (MOEL), dans le cadre du projet « Delivering on National Commitments: Korea's Support to the Implementation of the Global Accelerator ». Le soutien de la Corée contribue à renforcer les capacités d'analyse, à promouvoir l'élaboration de politiques fondées sur des données probantes et à faire avancer la mise en œuvre des feuilles de route de l'Accélérateur mondial dans les pays pionniers.